10. Le trottoir aux alouettes





 

 

– Au fait, je t’ai pas raconté ? Il est arrivé un truc vachement marrant.

Au téléphone, je me suis un peu raidi. Je ne suis pas toujours sûr de goûter l’humour de Charlotte. Pas que ce soit trash ou vulgaire, non, non, rien de ce genre-là. Disons que Charlotte avait le regard aiguisé pour repérer ces petites choses de la vie qui la soulevaient jusque dans le ravissement le plus complet, quand elles avaient tendance à me plonger dans la déprime la plus ordinaire.

Marie l’autre jour, elle était à Emmaüs, pour racheter un canap. Enfin un truc d’angles il me semble. Enfin tu vois quoi, elle était à Emmaüs. Donc elle fait un tour dans le rayon musique, et là devine quoi ? Elle tombe sur ton CD. Ton CD. Dingue non ?

Et voilà. J’en étais sûr. Putain de petites choses de la vie. Chaque fois, ça le fait. Je colle ma main sur le téléphone le temps de prendre une profonde inspiration et je réponds de façon la plus badine possible.

– Oui marrant

C’est vrai que c’est drôle de penser que ces chansons que j’ai écrites pour certaines y a plus de dix ans, enregistré y a quoi cinq ou six ans, puis vendu à la fin des concerts, pour la plupart à des familles dont on n’était pas vraiment sûr que les enfants comme les parents aient compris le sens des textes, pour finir probablement après un grand ménage de printemps, dans les caisses d’un Emmaüs, permettant ainsi curieusement de soutenir à nouveau des personnes précaires, car à l’époque putain j’étais bien content de gagner mes dix balles en vendant un C.D, d’ailleurs, je crois bien que c’est encore le cas maintenant, et puis une chose en entraînant une autre de commencer à s’imaginer l’incroyable système économique du marché de l’occasion, de cette deuxième vie qu’on donne aux objets, de se rendre compte que c’est beaucoup d’information d’un coup, de se rendre compte que puisque cet objet a une deuxième vie, c’est qu’il est mort une première fois, et on a pas le temps de faire son deuil, que déjà c’est le renouveau, c’est le printemps qui éclot autour quand on a encore le cœur à l’hiver, on se rend compte que c’est étrange, cette langueur où s’emmêlent résilience et enthousiasme, ce lieu qui n’est pas un rapport de force avec autrui ou avec nous-mêmes, qu’on appelle la tendresse, peut être, selon Gérard Phillipe. Alors oui, Charlotte, oui c’est marrant, si tu veux.

– C’est incroyable non ? Ben alors t’en dis quoi ? Tu dis rien là. À quoi tu penses ?

Je pense Charlotte que ce CD que je vendais dix balles à la fin de mes concerts, ce qui était une fortune pour moi, doit maintenant être vendu cinquante centimes. Mais que curieusement, quelqu’un l’a jugé suffisamment bien conservé et intéressant pour pouvoir être vendu cinquante centimes, ce qui est beaucoup ou bien peu, selon qu’on le compare aux standards de rétribution des plateformes de streaming ou à l’amour que je leur porte. C’est vrai, ce n’est rien, mais c’est inestimable, alors tu comprends bien que finalement le prix qui est affiché m’importe peu : cinquante centimes ou un euro qu’est ce que ça peut faire ? D’autant que tu m’engueulais déjà quand je vendais mon C.D à dix ou mon bouquin à douze. C’est aussi comme ça qu’on tue la solidarité de la profession que tu me disais, et t’avais pas tort. Non, moi tout ce que je me demande c’est ce que ces chansons vont devenir.

Avoue ça fait un peu plaisir quand même.

J’avoue, ça fait plaisir un peu. Y a quelqu’un un jour qui a décidé que ce CD ne lui correspondait plus, mais qui l’a trouvé suffisamment valable pour le donner et non pas le jeter aux recyclages ou en faire miroir aux alouettes, ce qui dans un sens aurait était une fin encore plus convenable, formidable métaphore de l’objet lui-même, quintessence de la forme et du fond , merde, j’ai ma métaphysique qui me reprend, ce n’est rien ça va passer, là c’est passé, tu sais comme dans Cyrano, cet écrivain de l’ombre noire laissant d’autres cueillir le baiser de la gloire. Tiens, tu savais que Walt Whitman, un jour alors qu’il se promenait sur le port, a entendu un marin chantait une chanson dont les paroles étaient un de ces poèmes. Et quand il a demandé au marin qui avait écrit la chanson, le marin a répondu que c’était une vieille chanson populaire. Et Whitman s’est cassé tout heureux d’avoir vu un poème s’échapper. Et je ne peux m’empêcher de penser que ça a quand même plus de gueule que d’avoir son Cd retrouvé au fin fond d’un bac de la discothèque de l’Emmaüs de Labarthe sur Lèze ?

– D’ailleurs, j’espère que tu as fini par déposer tes chansons. Imagine un type tombe dessus, et pof il te repompe tout, et là franc succès. Les boules non ? Un peu comme ce film, là, avec le type qui finit par avouer que ce n’est pas lui c’est l’autre ? Rahg j’arrive jamais en m’en rappeler. Ça ne te dit rien.

Là Charlotte, je suis surtout en train de me plonger sur cette incroyable dichotomie entre l’occase et l’antique qui serait une assez belle métaphore de la lutte des classes. Mais pour répondre à ta question, non j’ai toujours pas déposé mes chansons, les quatre feuillets Sacem sont sur le haut de ma pile de choses à faire, mais rien n’y fait, je n’y arrive pas encore. Et non, le film, ça ne me dit rien, par contre ça me rappelle l’histoire du chanteur de Lynyrd Skynyrd qui un jour en conduisant le van a entendu une musique à la radio et à fait au groupe « C’est bien ça, c’est qui ? «  . Et en fait c’était lui, il était juste tellement déchiré pendant la création de l’album qu’il ne s’en rappelait plus. Malgré tout, ça aussi ça a plus de gueule, ce n’est pas un printemps précoce dans ce cas là, c’est plutôt un retour de retour de printemps.

– Tu ne l’as toujours pas fait ? Mais ce n’est pas vrai ça. Ça a du sens quand même, non ? Même en créative commons. T’es pas obligé d’aller à la Sacem, c’est pas moi qui t’y pousse, loin de là.

Oui bien sûr que ça a du sens. Ça a du sens pratique, c’est un système moins mauvais que pas mal d’autres pour assurer la protection des précaires, en l’occurrence là des auteurs, et oui je suis pour, complètement pour, vive que les gens ne soient pas précaire. Vive qu’on reconnaisse leur travail. Seulement voilà, moi, je n’aime pas signer, j’ai le droit aussi non ? Et ce n’est pas de la pudeur, ou de la fausse candeur, de la fausse modestie. Je n’aime pas signer parce que je trouve ça un peu vaniteux, et donc dérisoire. C’est vrai signer, c’est touchant, profondément humain. Dans les signatures, bien sûr j’y vois de la fierté pour la sueur, j’y vois l’orgueil nécessaire à l’amour propre, mais j’y vois aussi de la détresse, comme quelqu’un qui s’accroche désespérément à sa branche, pour donner un sens aux choses, un sens à la vie.

Alors parfois, parfois ça me prend, et j’ai du mal à signer. C’est que parfois, j’oublie que je m’en fous.

Oui, je m’en fous au fond que mes chansons finissent à l’apogée d’un zénith ou sur le trottoir aux alouettes. Si j’écris tous azimuts, c’est bien parce que c’est la seule direction que je peux emprunter.

D’ailleurs, j’en ferais bien une chanson.

 

Un Illustre Inconnu

 

 

 

Post-scriptum : Vous l’aurez compris, ce Bradbury n’a d’intérêt que parce que je peux me faire éhontément de la pub.

Donc je le rappelle,

 j’ai fait un CD, que tu peux écouter sur Deezer ou autres

Un livre que tu peux commander là

 

Et j’ai fait ce Bradbury pour une émission que tu peux écouter ici.

 

Alors like, aime partage, ou fais bien ce que tu veux.

9. Le problème avec Ryan Gosling

Le problème avec Ryan Gosling

  • Le problème avec Ryan Gosling, c’est que je n’arrive pas à croire qu’il existe. Pourtant j’ai vu des films avec lui et tout, mais rien à faire, je n’arrive à l’imaginer dans la vie. Je sais pas genre en train de bouger, en train de sourire, en train de manger. Je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression que ce mec n’est qu’une image. Tiens, rien que sa voix, je n’y arrive pas. Je veux dire, je sais qu’il parle, je sais que des mots sortent de sa bouche, je sais qu’il dit des répliques, je comprends le sens des phrases, je comprends le rôle dans le film, tout ça mais je n’arrive pas à croire qu’il parle. Je ne lui entends aucune voix, si te veux. Pourtant, je l’ai entendu chanter dans Lalala land, et même pas très bien j’ai trouvé. Je peux même dire que je préférais quand il chantait mal dans Blue Valentine. Je peux avoir un avis sur la voix de Ryan Gosling, je peux choisir, préférer. Mais je n’arrive pas à l’entendre quoi. Quand je pense à Ryan Gosling, c’est un peu vide. C’est étrange non ? Qu’est ce que tu en dis toi ? T’en parlerais au psy à ma place ?

Il avait dit ça nonchalamment, ni par inquiétude, ni par ennui, mais sincèrement, juste comme ça, pour avoir l’avis de l’autre. L’autre qui, l’air de rien, pour pas déranger, commençait gentiment à trépigner, et à penser à autre chose, parce que c’est vrai, il y a autre chose à penser dans la vie qu’à l’existence ou non de Ryan Gosling après tout, il y a les projets à avancer, les rendez-vous à honorer, les pulsions à combler d’une manière ou d’une autre et tout le bordel de la sociabilité, et on sait bien que tout le monde se fout de Ryan Gosling, ce n’est même pas une pensée pertinente mais on veut rester poli, alors on écoute. Et on incline la tête comme par assentiment, mais en réalité, c’est une supplique pour abréger la conversation.

  • Tiens, c’est pas pour enfoncer le clou, mais genre, le gars il a toujours, mais toujours la même tête. Et tu sais le pire dans cette histoire ? C’est que je comprends pourquoi ça m’obsède autant. Je n’ai même pas d’avis sur Ryan Gosling, je m’en fous. Qu’est-ce que ça peut bien me faire au fond que Ryan Gosling existe ou non ? Rien, absolument rien. Et pourtant, j’y pense, j’y pense parce que je me dis que ce gars a des collaborateurs, des gens avec qui il travaille, des amis avec qui il boit des coups, enfin des gens quoi. Mais je n’y arrive pas. Y a comme une espèce de blanc. C’est vraiment étrange. Je pense que c’est parce que l’autre jour, on a reçu un texto. C’était l’ancien psy qui voulait que je lui laisse une note et un avis sur Google à propos de mon chemin thérapeutique avec lui, et je me suis demandé : qu’est-ce qu’on peut bien laisser comme avis sur son psy ? Je veux dire, c’est étrange non ? C’est vachement intime ce qu’on raconte à un psy, du coup, impossible de m’imaginer un avis à laisser. Ou si. Mais alors des avis comiques du genre : « Analyse basée sur la méthode win/win. Je soigne ma dépression en comblant ses besoins narcissiques ». Ou encore un grand message blanc avec écrit en bas en tout petit : « A réussi à me redonner confiance en moi ». Je trouvais ça hyper drôle. Puis j’ai évité de le poster parce que j’avais peur qu’il m’appelle pour m’engueuler et pour me rappeler que l’humour était un mécanisme de défense pour tenir les autres à distance. Et en songeant à ça, je me suis dit que décidément je m’empêchais de faire plein de trucs par culpabilité, parce que, s’il faut, il aurait trouvé ça drôle en fait. Je présuppose beaucoup des réactions des gens, tu trouves pas ? D’ailleurs, c’est lui qui m’a ouvert les yeux à propos de ça, alors forcément, je voulais plus me moquer. J’ai pensé à cet avis tout blanc, et c’est là que j’ai dû commencer à me rendre compte que cette absence d’idée, ben c’était exactement ça, le problème avec Ryan Gosling. Enfin, tu comprends ça, j’imagine.

Bien entendu que l’autre comprenait ça. Ça faisait des années qu’il le comprenait bien. Il comprenait ça tellement bien qu’il ne comprenait pas pourquoi il était en train de s’infliger ça. Pourquoi s’encombrer la tête avec Ryan Goslin alors que la vie est vaste après tout. Il est mille chemins inexplorés, mille incertitudes à affronter, mille espoirs et mille doutes à traverser. Plutôt que de rester sur cette histoire d’absence, il faudrait se lever, pour aller affronter tout ça à nouveau, pour se retirer Ryan Gosling de la tête. Haut les cœurs, courage au ventre et sonnons la charge, bordel de merde. Mais non, faut rester là, à l’écouter délirer sur les notions de vide et d’existence d’un acteur dont il n’a vu au fond que deux ou trois films. Alors, tu comprends, la vraiment je peux plus rester, il est temps pour moi d’y aller, c’est comme ça, je dois prendre mon tour quoi, on va pas passer la nuit là-dessus.

  • Oui bien sûr, excuse-moi je te mets pas en retard, mais comme ça me trotte, j’ai besoin d’en parler pour m’en débarrassé tu comprends. Je sais bien que tu n’as pas le temps, que pour toi tout ça ça recommence, mais faut prendre du temps aussi parfois pour du futile. Pour les interrogations de nulle part, c’est peut-être là-dedans que parfois né l’imaginaire, tu ne crois pas ? Non bien sûr, tu crois pas à ça toi, trop rationnel, trop dans tes plans, dans tes organisations. Regarde-moi, tout rempli de culpabilité et de mise à distance de l’autre, bien sûr que j’ai commencé comme ça. Mais tu as beau tout organiser bien avec des post-its de couleur et des effaceurs de stabilo, ben tu te retrouves fatalement par t’interroger sur l’existence de Ryan Gosling. Qu’est ce que tu veux que je te dise. Ça te paraît pas incroyable, ce milliard de choses futile qui te traverse la tête. Tu crois pas que y a quelque chose là-dedans. Un truc dont tu pourrais peut-être parler à ton nouveau psy. Tu pourrais lui demander à lui aussi s’il veut un avis, tiens ! En espérant que deux avis positifs ne font pas un avis inconscient. Non tu peux pas comprendre c’est des blagues de mathématicien-psychanalyste. Oui d’accord, moi non plus je sais pas ce que ça veut dire mais je suis pas mathématicien-psychanalyste. Je suis même pas sûr que ça existe vraiment. Pourtant ça ferait un métier du tonnerre. On psychanalyserait les nombres et les chiffres. Le 8 là, qui est probablement un maniaque. Le 4, pervers narcissique. Et le sept… un névrosé de première. Sans parler du zéro. Bref, je sais pas te le dire autrement, mais c’est ça, le problème avec Ryan Gosling.

La plupart du temps, je ne pense pas à Ryan Gosling. Oui, mais parfois mon dimanche soir parle avec mon lundi matin.

8. Technicolor

Vert carmin
Rouge bouteille et jaune souris
Le matin
J'veux pas voir le monde en gris
J'imagine
Sentir tes soupirs rougir
Toi, sanguine
Moi, daltonien du désir

J'ai encore des éclats
De couleurs mais parfois
Le temps s’essouffle et s'éteint
Blanche est la chevelure
Dans les premières fêlures
Du grand miroir d'étain

Le soleil
Qui caresse ton visage
Or vermeil
Un rayon rate son virage
Et me touche
Dans l’œil, il me faut m'enfuir
Sainte nitouche
Moi, daltonien du désir

J'ai encore des éclats
de couleurs mais parfois
Le temps s’essouffle et s'éteint
Blanche est la chevelure
Dans les premières fêlures
Du grand miroir d'étain

C'est étrange
J'ai pas l'sens de l'esthétique
J'suis orange
Dans mes nuit blanches éléctriques
J'suis perdu
J'crois que je me sens bleuir
J'suis écru
Moi, daltonien du désir

J'ai encore des éclats
De couleurs mais parfois
Le temps s’essouffle et s'éteint
Blanche est la chevelure
Dans les premières fêlures
Du grand miroir d'étain

Et j'éclate
J'ai plus la notion de l'heure
Écarlate
J'vois mille et une couleur
Apparaitre
Me pigmenter le zéphyr
Pour plus être
Un daltonien du désir

Fermer enfin les yeux
Pour voir bien pour voir mieux
les couleurs du dessin
Prendre le temps encore
D'voir en technicolor
Et sans miroir d'étain

7. La bande à Lucie

Sur l'air de "La bande à Lucien" de Renaud 
 
 

 Ça fait quand même vach'ment bizarre
 De t'retrouver ma pote Lucie
 Tu dois t'faire chier au paradis
 C'est pour ça qu'tu es passée m'voir
 Tu sais depuis j'me suis calmé
 Je n'vais pas t'rejoindre tout de suite
 Car c'est fini pour moi les cuites
 ça tu t'en s'rais jamais doutée
 

 Et salut Lucie
 T'as l'bonsoir de la bande
 On a toujours les glandes
 Sans toi ici
 
 
 Franch'ment si tu voyais le boxon
 Comment c'est la zone en c'moment
 Si t'avais pas foutu le camp
 T'aurais eu d'quoi faire des chansons
 Parait qu'y a une navette sur mars
 Pendant qu'sur terre, certains n'ont rien
 Ah j't'ai pas dit pour Darmanin
 ça c'est vraiment une triste Farce
 
 
 Et salut Lucie
 T'as l'bonsoir de la bande
 On a toujours les glandes
 Sans toi ici
 
 
 J'ai plus de nouvelles de Tony
 Mon frangin s'barre au Portugal
 En pleine pandémie mondiale
 Isidore a pas mal grandit
 Avec Nico, on a vu Jeff
 Ah oui lui, tu l'as pas connu
 Pourtant c'est sûr qu'il t'aurait plu
 Enfin j'sais pas, c'est quand même Jeff
 
 
 Et salut Lucie
 T'as l'bonsoir de la bande
 On a toujours les glandes
 Sans toi ici
 
 
 C'est sûr on se voit moins qu'avant
 Mais on s'est vu mardi dernier
 On avait passé la soirée
 A r'gretter qu'on s'voit moins souvent
 On a tous de nouvelles excuses
 Desolé, je garde le gamin
 J'peux pas, je vois mon psy demain
 Pardon j'apprends la cornemuse
 
 
 Et salut Lucie
 T'as l'bonsoir de la bande
 On a toujours les glandes
 Sans toi ici
 

 
 Bon ben c'est l'heure moi je te laisse
 On se recrois'ra un d'ces jours
 J'dis au copains qu't'as dit bonjour
 Et je leur transmets tes tendresses
 Nous on dira du mal de toi
 Juste comme ça juste pour rire
 Pour pas s'emmerder à mourir
 C'est bien la preuve qu'on t'oublie pas