18. Les amours neuves

On sent quand on se déshabille
qu'on est empreint de maladresse
On a la caresses malhabile
Qu'on voudrait pleine de tendresse

On fait du zèle en s'embrassant
On sait bien qu'il faut qu'on se montre
Mais c'est un peu embarrassant
Maint'nant que nos corps se rencontrent

On sait pas trop où mettre ses mains
Si j'effleure là, ça te chatouille  
Pourquoi est ce qu'il bave sur mes seins ?
Pardon mais tu m'écrases les couilles

On n'peux pas dire qu'on manque d'aplomb
Plein d'une ardeur à toute épreuve
On a quand même l'air un peu con
En éprouvant nos amours neuves

Toujours il y a un bras en trop
Dans cette drôle de gymnastique
C'est pas que je veuille être manchot
Mais ce s'rait quand même plus pratique

On cherche en vain notre alchimie
On pousse des soupir langoureux
On s'donne un cours d'anatomie
un peu gênant mais savoureux

On aimerait faire comme au cinoche
Faire l'amour et faire des envieux
Oui sauf que là, c'est une peu moche
C'est quoi cette position sérieux

On se rêv'rait  Alain Delon
Bardot, Belmondo ou Deneuve
Oui mais on a  l'air un peu con
En éprouvant nos amours neuves

On s'étonne d'la situation
Et de nos pudeurs de gazelle
ça m'fait penser à Mélenchon
Essaye d'être plus sensuel

Alors on essaye les mots doux
Histoire de ranimer la flamme
ô toi ma reine, ô toi mon loup
Ma six fois sept, mon macadam

Et on raconte n'importe quoi
Maint'nant qu'on  a le cœur à la fête
Je lâche : t'es mon Conémera
Et Merde ! J'ai Sardou dans la tête

C'est vrai que c'est un peu brouillon
Mais on corrig'ra les épreuves
Pas grave d'avoir l'air un peu con
En éprouvant nos amours neuves

Notre enthousiasme nous déborde
on veut d'la réjouissance grivoise
Du temps pour que nos cœurs s'accordent
Et pour que nos corps s'apprivoisent

Aux amants extraordinaire
Qui veulent surtout que ça se sache
Je vous dédie ces quelques vers 
Gardez vot' suffisance potache

Car vous ne m'ferez jamais croire
Que tout est simple, qu'jamais ça tangue
Dans aucune de vos histoires
Mais je suis sans doute mauvaise langue

En attendant, j'fait une chanson
Sur l'oreiller, les idées pleuvent
Je me chante un air à la con
Car j'les aime bien nos amours neuves

17. En t’oubliant

  
En t'oubliant, je me souviens
En t'oubliant, je me souviens
D'la glycine au printemps qui sort ces premières fleurs
Des bourgeons tout tremblants qui exhalent ton odeur
Respirant leur parfum, je me mets à songer
À songer qu'il est temps, qu'il est temps d'oublier

En t'oubliant, je me souviens
En t'oubliant, je me souviens
De ces croquis dormant dans les taches de peinture
Des visages grimaçants graffités sur les murs
Une esquisse au fusain me fait me rappeler
Me rappeler qu'il est temps, qu'il est temps d'oublier

En t'oubliant, je me souviens
En t'oubliant, je me souviens
Tes lèvres sifflotant ce qui trottait dans ta tête 
Des rythmes à contre temps certains soirs de goguette
En chantant ce refrain qui reste inachevé
J'me souviens qu'il est temps, qu'il est temps d'oublier

En t'oubliant, je me souviens
En t'oubliant, je me souviens
Du piquant du piment, de la fleur de muscade
Et du goût du safran dans la moindre salade 
Buvant un verre de vin que j'aim'rais épicé
J'me souviens qu'il est temps, qu'il est temps d'oublier


En t'oubliant, je me souviens
En t'oubliant, je me souviens
D'un geste consolant, du vestige d'une étreinte
J'ai comme un serrement quand je ressens l'empreinte
D'une épaule retenant toutes les larmes versées 
J'me souviens qu'il est temps, qu'il est temps d'oublier

En t'oubliant, je me souviens
En t'oubliant, je me souviens
D'un parfum entêtant, de certaines saveurs
D'un air pas très chantant, d'un dessin plein d'ardeur 
Je m'en rappelle bien, et pourtant je le sais
Je sais qu'il est grand temps mais j'oublie d'oublier ...